Hypervision : centralisez les données de votre territoire
Les collectivités pilotent aujourd’hui des systèmes de plus en plus nombreux : énergie, eau, mobilité, éclairage public, voirie, sécurité, déchets, bâtiments ou relation usager. Chaque domaine dispose souvent de ses propres outils, de ses propres données et de ses propres alertes. L’hypervision permet de dépasser cette fragmentation en rassemblant les informations clés dans une interface unique, pour mieux comprendre, décider et agir.

Les enjeux du pilotage territorial
Les collectivités territoriales gèrent des dizaines de systèmes hétérogènes, souvent déployés à des moments différents, par des services différents et avec des outils qui communiquent peu entre eux. Cette organisation en silos complique la lecture globale du territoire : une alerte énergie, une fuite d’eau, un incident de voirie ou une saturation d’équipement peuvent rester isolés dans leur propre environnement. L’hypervision apporte une réponse à ce manque de vision d’ensemble en centralisant les données, les indicateurs et les alertes. Elle aide les équipes à passer d’une gestion fragmentée à un pilotage transversal du territoire.
En 2017, la consommation d’énergie des collectivités incluses dans le périmètre de l’étude ADEME représentait 39,7 TWh.
Les bâtiments représentaient 75 % de cette consommation énergétique, devant l’éclairage public et les autres usages.
En 2023, le service public de gestion des déchets a collecté 37,8 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés en France.
Le projet RECITAL de Noisy-le-Grand vise à réduire la consommation énergétique d’un parc de 200 bâtiments publics grâce à l’IA et à l’hypervision
Qu'est-ce que l'hypervision ?
Définition et fonctionnement
L’hypervision est une approche qui consiste à rassembler les données issues de plusieurs systèmes techniques pour les afficher en temps réel dans une interface unique. Elle permet de collecter, centraliser, visualiser et alerter à partir d’informations qui étaient auparavant dispersées entre plusieurs outils.
Concrètement, une plateforme d’hypervision se connecte aux systèmes déjà en place : capteurs IoT, GTB, GTC, SIG, logiciels métiers, bases de données, outils de supervision ou applications internes. Elle ne remplace pas nécessairement l’existant ; elle le relie grâce à des API, des connecteurs et des standards ouverts.
L’objectif est de donner aux collectivités une vision claire du fonctionnement de leur territoire. Avec une plateforme Ouranos, les données peuvent être consolidées dans un même socle pour suivre plusieurs domaines : énergie, eau, éclairage public, voirie, mobilité, déchets, risques ou relation usager.

Quelle est la différence entre supervision et hypervision ?
La supervision surveille généralement un système isolé. Elle permet par exemple de suivre un réseau, un bâtiment, une flotte de véhicules, une GTB ou une installation technique précise. Elle répond à un besoin opérationnel ciblé : savoir si un équipement fonctionne, détecter une panne ou remonter une alarme.
L’hypervision va plus loin. Elle centralise les données de plusieurs systèmes dans une vue unifiée et transversale. Au lieu de naviguer entre plusieurs interfaces cloisonnées, les équipes accèdent à un point unique pour visualiser l’ensemble des infrastructures et services du territoire.
Cette différence est essentielle pour les collectivités. Une alerte sur un réseau d’eau, une anomalie énergétique dans un bâtiment et un signalement de voirie peuvent sembler indépendants. L’hypervision permet de les replacer dans une lecture globale, de croiser les informations et de mieux coordonner les réponses.

Les bénéfices pour votre territoire
Réduction des coûts et gain en productivité
L’hypervision peut contribuer à réduire les coûts en limitant les doublons d’outils et en améliorant l’usage des équipements déjà déployés. Lorsqu’une collectivité dispose de plusieurs plateformes qui suivent chacune un domaine, les agents passent du temps à chercher, comparer ou ressaisir des informations. La centralisation réduit ces manipulations et rend le pilotage plus fluide.
Les gains peuvent aussi venir de la détection précoce des dérives. Une consommation anormale dans un bâtiment, une fuite sur un réseau ou une panne répétée sur un équipement peuvent être identifiées plus rapidement. Les équipes interviennent alors avant que le problème ne devienne plus coûteux.
L’hypervision permet enfin de mieux documenter l’activité. Les incidents, alertes, interventions et indicateurs sont historisés. Cette traçabilité facilite le suivi des prestataires, la préparation des bilans et l’amélioration continue du service.

Aide à la décision et pilotage stratégique
L’hypervision ne sert pas uniquement au monitoring opérationnel. En historisant les données, elle alimente aussi des tableaux de bord décisionnels utiles aux élus, directions générales et responsables métiers.
Les décideurs peuvent suivre des indicateurs précis : consommation énergétique globale, nombre d’incidents, qualité de service, état des équipements, répartition des interventions ou évolution des signalements. Ces informations aident à objectiver les priorités et à mieux répartir les investissements.
Cette logique est particulièrement utile pour mesurer l’impact des actions mises en place. Une rénovation énergétique, une nouvelle stratégie d’éclairage public ou une optimisation des tournées de collecte peut être suivie dans le temps. La collectivité dispose alors d’une base de preuve pour piloter ses politiques publiques.
Des cas d'usage concrets pour chaque domaine
Ressources et réseaux
Sur l’énergie des bâtiments, l’hypervision permet de suivre les consommations par site, de comparer les performances et de détecter les dérives. Une hausse inhabituelle peut signaler un mauvais réglage, un équipement défaillant ou une occupation différente du bâtiment.
Sur l’eau et l’assainissement, la plateforme peut centraliser des données de niveau, de débit, de pression ou de qualité. Elle facilite la surveillance du réseau, la détection de fuites en temps réel et la priorisation des interventions. Ces usages rejoignent les enjeux de gestion intelligente des réseaux d’eau.
Sur l’éclairage public, l’hypervision aide à suivre l’état du parc, repérer les pannes, adapter l’intensité lumineuse selon la fréquentation ou la luminosité, et mesurer les gains de consommation.
Flux urbains et logistique
Sur la voirie et la mobilité, l’hypervision peut agréger des données liées au trafic, au stationnement, aux chantiers, aux équipements ou aux signalements terrain. Les équipes disposent d’une vision plus claire des flux et des points de tension.Sur les déchets, elle peut aider à optimiser les tournées de collecte à partir de données de remplissage, d’historique ou de signalements. Les passages inutiles diminuent, les débordements sont mieux anticipés et les itinéraires peuvent être ajustés aux besoins réels.Sur la logistique, l’hypervision permet de suivre les flottes de véhicules municipaux, les interventions techniques et l’affectation des moyens. Les services peuvent mieux coordonner leurs actions, réduire les déplacements superflus et prioriser les demandes urgentes.
Services aux citoyens
Pour la gestion des risques, l’hypervision permet de centraliser des alertes liées aux inondations, à la canicule, aux épisodes météorologiques ou à des incidents techniques. Les équipes disposent d’un tableau de bord commun pour suivre la situation et coordonner les réponses.Dans les politiques de solidarité et d’insertion, l’hypervision peut aider à suivre des dispositifs, des indicateurs d’activité ou des besoins territoriaux, dans le respect des règles de confidentialité. L’objectif est de mieux orienter les moyens là où les besoins sont les plus importants.Pour la relation usager, elle permet de centraliser les signalements, de suivre leur traitement et de mieux informer les habitants. Une demande liée à la voirie, à l’éclairage, à la propreté ou aux risques peut être transmise au bon service et suivie jusqu’à résolution.
EXEMPLE CONCRET
pilotage du projet RECITAL à Noisy-le-Grand
Le projet RECITAL, pour “Réduction Énergétique à Court Terme, Immédiate et à Long Terme”, illustre la manière dont l’hypervision peut aider une collectivité à piloter un enjeu complexe à l’échelle de son patrimoine bâti.
À Noisy-le-Grand, la municipalité devait répondre aux exigences du décret tertiaire, avec un objectif de réduction forte des consommations énergétiques de ses bâtiments publics. Le projet cible 200 bâtiments publics et vise une baisse de 50 % des consommations énergétiques d’ici 2030. L’enjeu n’était donc pas seulement de suivre des consommations, mais de construire une méthode capable d’aider la ville à prioriser ses actions, planifier ses travaux et maîtriser son effort financier.
RECITAL a été remporté par Eridanis aux côtés de Citégestion, Datanumia et Efficacity dans le cadre d’un dialogue compétitif. Chaque acteur apporte une brique complémentaire : mesures terrain, simulations énergétiques, modélisation, intelligence artificielle et centralisation des données. Ouranos joue ici le rôle de plateforme d’intelligence de la donnée : elle collecte et centralise les informations utiles, depuis les mesures captées en continu jusqu’aux simulations produites et aux résultats des algorithmes.
Le projet repose notamment sur deux briques d’intelligence artificielle développées par Eridanis. La première permet d’optimiser les scénarios de rénovation énergétique à l’échelle du territoire, en tenant compte de contraintes concrètes comme les budgets annuels, les plannings et les performances énergétiques attendues. Elle aide la collectivité à savoir dans quel ordre réaliser les chantiers — isolation, changement de fenêtres, rénovation du chauffage — pour maximiser l’impact énergétique tout en limitant les coûts et les blocages.
La seconde IA vise à prédire le comportement énergétique des bâtiments à partir de données générales : usage principal, surface, consommation globale ou caractéristiques disponibles. Cette approche permet d’élargir plus rapidement le périmètre d’analyse, sans attendre la réalisation d’audits énergétiques complets sur chaque bâtiment. La collectivité peut ainsi intégrer davantage de sites dans sa stratégie de rénovation et accélérer la construction de sa feuille de route.
L’intérêt du projet RECITAL tient aussi à sa capacité de réplicabilité. Ouranos s’appuie sur un socle commun éprouvé : modèles d’équipements, contrats de données, connecteurs, gabarits d’alertes et tableaux de bord. Ce socle peut ensuite être paramétré selon les spécificités de chaque territoire, plutôt que reconstruit à chaque nouveau projet. Pour les collectivités, cela signifie un déploiement plus rapide, une meilleure maîtrise des données et une trajectoire plus réaliste pour passer du pilote à l’échelle.
Les chiffres du projet donnent une idée de son ambition : 200 bâtiments publics ciblés, 4 acteurs mobilisés, un objectif de -50 % de consommation énergétique d’ici 2030, et un besoin de travaux ramené à 18 M€ grâce à RECITAL, contre 80 M€ initialement estimés. Autrement dit, l’hypervision ne sert pas seulement à visualiser des données : elle devient un outil de pilotage stratégique pour arbitrer, planifier et agir sur le long terme.
80 M€
de rénovation intégrale évitée
− 50 %
de consommation énergétique visée à horizon 2030
200
bâtiments pilotés
Comment centraliser les données d’une collectivité sur une seule plateforme ?
Une plateforme d’hypervision se connecte aux systèmes en place : capteurs IoT, GTB, GTC, SIG, logiciels métiers, bases de données internes ou outils de supervision. Elle utilise des protocoles standards, des API et des connecteurs pour récupérer les données sans imposer de remplacer les équipements existants.
Une plateforme IoT peut ainsi servir de socle pour collecter les données terrain, puis les restituer dans des tableaux de bord adaptés aux métiers.
Quels types de rapports peut-on générer avec l’hypervision ?
L’hypervision permet de générer des rapports automatisés selon les besoins de la collectivité : consommation énergétique mensuelle, bilan d’incidents, suivi des alertes, indicateurs de performance par domaine, évolution des signalements ou comparaison entre sites.
Ces rapports peuvent être partagés avec les élus, les directions métiers, les services techniques ou les partenaires. Ils facilitent le suivi des actions engagées et la préparation des comités de pilotage.
Quelles solutions d’hypervision pour une ville ?
Une ville peut s’appuyer sur une solution ouverte et interopérable comme Ouranos pour centraliser ses données territoriales. L’objectif est de connecter les systèmes déjà en place sans les remplacer, puis de fournir une interface commune pour suivre les indicateurs, les alertes et les incidents.
Une solution d’hypervision doit être adaptée aux priorités du territoire : énergie, eau, éclairage, mobilité, déchets, risques, voirie ou relation usager. Elle doit aussi garantir la souveraineté des données, l’interopérabilité et la possibilité d’évoluer progressivement.
L’hypervision est-elle adaptée à toutes les tailles de collectivité ?
Oui, si l’approche est progressive. Une commune peut commencer sur un périmètre restreint, par exemple quelques bâtiments, un réseau d’eau ou un domaine métier, avant d’étendre la plateforme à d’autres usages.
Une intercommunalité, un département ou un syndicat mixte peuvent déployer l’hypervision sur des périmètres plus larges, avec plusieurs sources de données et plusieurs services impliqués. L’important est de partir d’un besoin opérationnel clair, puis de construire une trajectoire évolutive.
Vous souhaitez centraliser les données de votre territoire ?
Eridanis accompagne les collectivités dans la mise en place de plateformes d’hypervision ouvertes, interopérables et adaptées aux enjeux des territoires.