EXPERTISE · Collecte des déchets

Collecte des déchets : enjeux et solutions pour les collectivités

La collecte des déchets est un service essentiel du quotidien, mais aussi un poste de dépense, de logistique et d’impact environnemental majeur pour les collectivités. Entre ordures ménagères, emballages, papiers, carton, métal, textile, déchets verts, encombrants, apports en déchetterie et nouvelles filières de réemploi, les territoires doivent organiser un service lisible, efficace et adapté aux usages réels des habitants.

Tableau de bord Ouranos : vue territoire, énergie, eau et taux d’incidents
Gestion de la data
Collecte des déchets

Les enjeux de la collecte des déchets

La collecte des déchets représente un enjeu central pour les collectivités, à la fois en matière de budget, d’organisation opérationnelle et de qualité du cadre de vie. Les volumes à traiter, la diversité des flux, les jours de collecte, les règles de tri et les attentes des habitants rendent le pilotage de plus en plus complexe. Une approche fondée sur la donnée permet de mieux comprendre les besoins réels du territoire, d’adapter le ramassage et de mesurer les résultats. L’objectif n’est pas de remplacer l’expertise terrain, mais de donner aux équipes des outils plus fiables pour décider, prioriser et agir.

37,8

En 2023, le service public de gestion des déchets a collecté 37,8 Mt de déchets ménagers et assimilés en France.

559 kg

Cela représente en moyenne 559 kg de déchets ménagers et assimilés collectés par habitant en 2023.

22,0 Md€

En 2023, 22,0 Md€ ont été consacrés à la gestion des déchets en France.

127 €

La moyenne pondérée du coût aidé 2023 du service public de gestion des déchets en France hexagonale est de 127 € HT par habitant.

Des volumes de déchets ménagers croissants et des contraintes renforcées

Ordures ménagères, bac jaune, emballages : des flux de déchets de plus en plus diversifiés

Les collectivités ne gèrent plus un flux unique de déchets. Elles doivent organiser simultanément la collecte des ordures ménagères, du tri sélectif, du verre, des emballages, des papiers, du carton, du métal, des déchets verts, des encombrants, du textile, des dépôts en déchetterie et parfois des flux spécifiques liés aux usages locaux.

Cette diversification répond à des objectifs nécessaires : mieux trier, développer le réemploi, réduire l’enfouissement, limiter les déchets résiduels et accompagner les habitants vers de nouveaux gestes. Mais elle complexifie fortement l’organisation opérationnelle. Chaque flux possède ses propres contenants, ses propres consignes, ses jours de collecte, ses sacs autorisés ou interdits, ses fréquences de passage et ses règles de traitement.

Le bac jaune illustre bien cette complexité. Selon les territoires, il peut accueillir les emballages, les papiers, le carton ou le métal, mais les consignes doivent être clairement comprises par les usagers pour éviter les erreurs de tri. La collectivité doit donc à la fois organiser le ramassage, suivre la qualité des flux et rendre son règlement de collecte lisible.

Sans donnée consolidée, les collectivités s’appuient souvent sur des fréquences fixes, des retours terrain ponctuels ou des habitudes historiques. Ces approches restent utiles, mais elles ne suffisent plus toujours à piloter un service devenu plus fragmenté, plus coûteux et plus exposé aux attentes des habitants.

Jours de collecte, règlement et pression budgétaire accrue

La collecte des déchets s’inscrit dans un contexte budgétaire et réglementaire exigeant. Les collectivités doivent maîtriser les coûts de collecte, de traitement, de carburant, de maintenance des véhicules, d’équipements, de personnel et de prestations externes, tout en maintenant un niveau de service élevé.

Les obligations de tri, l’évolution des filières, les objectifs de réduction des déchets et les exigences de performance environnementale renforcent cette pression. Le règlement de collecte doit préciser les consignes applicables : jours de collecte, modalités de présentation des bacs, usage des sacs, accès à la déchetterie, gestion des encombrants, collecte du textile ou orientation vers des solutions de réemploi.

Dans le même temps, les habitants attendent un service fiable, propre et compréhensible. Un bac jaune qui déborde, des sacs déposés hors des jours de collecte, un point d’apport volontaire saturé ou une mauvaise information sur le ramassage peut rapidement générer des signalements, des nuisances et une dégradation de la perception du service public.

L’enjeu n’est donc pas uniquement technique. Il est aussi financier, environnemental et relationnel. Une collectivité doit réussir à optimiser ses moyens, respecter ses obligations, améliorer la qualité de service et rendre ses consignes compréhensibles pour les citoyens.

Optimiser la collecte des déchets grâce aux données

Des capteurs connectés pour mesurer le remplissage des bacs et points d’apport

La donnée permet de mieux connaître l’état réel du terrain. Des capteurs connectés peuvent être installés dans des bacs, des colonnes ou des points d’apport volontaire afin de mesurer leur taux de remplissage. Ces informations sont ensuite remontées vers une plateforme centrale, qui donne une vision globale de la situation.

Cette approche transforme la manière de piloter la collecte des déchets. Au lieu de dépendre uniquement d’un calendrier théorique, les équipes peuvent visualiser les points qui nécessitent une intervention, ceux qui peuvent attendre, et les secteurs où le remplissage évolue plus vite que prévu.

Les données de remplissage peuvent être croisées avec d’autres informations : saisonnalité, événements locaux, jours de collecte, fréquentation touristique, typologie d’habitat, historique des tournées, signalements d’usagers ou flux concernés. Un point dédié au verre, un bac jaune, une colonne textile ou un secteur avec beaucoup d’emballages ne présentent pas les mêmes rythmes de remplissage.

La plateforme Ouranos permet précisément de centraliser ces données issues de sources différentes pour les rendre lisibles et exploitables par les équipes. L’enjeu n’est pas seulement de collecter plus de données, mais de les transformer en informations utiles au pilotage du service.

Des tournées et des jours de collecte adaptés aux besoins réels

L’exploitation des données permet de passer progressivement d’une collecte à fréquence fixe à une collecte adaptée au besoin réel. Cela ne signifie pas supprimer toute planification, mais ajuster les tournées selon l’état constaté du terrain, les jours de collecte prévus, les priorités et les contraintes opérationnelles.

Par exemple, un point d’apport volontaire peu rempli peut être retiré d’une tournée, tandis qu’un autre, proche de la saturation, peut être ajouté en priorité. Les algorithmes d’optimisation peuvent aider à recalculer les itinéraires en fonction du remplissage, de l’historique des données, des saisons, des distances, des capacités de véhicules et des contraintes horaires.

Cette logique améliore l’utilisation des moyens disponibles. Les véhicules ne se déplacent plus seulement parce qu’un calendrier l’impose, mais parce qu’une intervention est réellement nécessaire. Les équipes peuvent ainsi limiter les passages à vide, mieux répartir la charge de travail et réduire les kilomètres parcourus.

Le recours à un logiciel d’hypervision permet de visualiser ces informations dans un tableau de bord commun : état des points de collecte, alertes de remplissage, tournées prévues, anomalies terrain, signalements, indicateurs de performance et historique des interventions.

Les bénéfices d’une collecte intelligente des déchets ménagers

Réduction des coûts, du ramassage inutile et des kilomètres parcourus

Une collecte intelligente permet d’agir directement sur plusieurs postes de coût. En évitant les tournées inutiles, la collectivité réduit les kilomètres parcourus, la consommation de carburant, l’usure des véhicules et le temps mobilisé par les équipes. Elle peut aussi mieux planifier la maintenance, répartir les moyens et ajuster les fréquences selon les besoins réels.

Ces économies ne reposent pas sur une dégradation du service. Au contraire, elles permettent de concentrer les moyens là où ils sont nécessaires. Un point saturé est traité plus vite, tandis qu’un point peu utilisé n’est pas collecté inutilement. Le ramassage devient plus précis.

Les gains sont également mesurables. Grâce aux tableaux de bord, la collectivité peut suivre le nombre de tournées réalisées, les kilomètres parcourus, les taux de remplissage moyens, les points régulièrement saturés, les économies de carburant ou l’évolution des coûts par secteur. Cette mesure est essentielle pour objectiver les décisions et justifier les ajustements.

La donnée permet aussi d’alimenter un dialogue plus clair avec les prestataires. Les échanges ne reposent plus uniquement sur des ressentis, mais sur des indicateurs partagés, datés et vérifiables.

Moins de débordements du bac jaune et un meilleur cadre de vie

Optimiser la collecte des déchets contribue à réduire l’impact environnemental du service. Moins de kilomètres parcourus signifie moins de carburant consommé, moins d’émissions de CO2 et une diminution des nuisances liées au passage des camions.

Cette optimisation peut aussi améliorer le cadre de vie. Lorsque les points d’apport volontaire sont collectés avant saturation, les débordements diminuent, les abords restent plus propres et les habitants perçoivent un service plus réactif. La réduction des passages inutiles limite également les nuisances sonores, notamment tôt le matin ou dans les zones denses.

La collecte intelligente s’inscrit donc dans une logique plus large de propreté urbaine. Elle ne concerne pas seulement les déchets en tant que flux à évacuer, mais l’expérience quotidienne des habitants : rues plus propres, bac jaune moins souvent saturé, meilleure gestion des sacs déposés hors cadre, orientation plus claire vers la déchetterie, le textile ou les solutions de réemploi.

Pour les collectivités, c’est aussi un levier de transition écologique. En associant sobriété opérationnelle, pilotage par la donnée et amélioration du service rendu, elles peuvent réduire leur empreinte environnementale tout en renforçant la qualité du service public.

Quels types de déchets peuvent être suivis par des capteurs connectés ?

Les capteurs connectés peuvent s’adapter à la plupart des flux gérés par les collectivités : ordures ménagères, tri sélectif, verre, emballages, papiers, carton, métal, points d’apport volontaire ou certains flux spécifiques selon les équipements utilisés. Ils peuvent aussi contribuer au suivi de colonnes dédiées au textile ou de points fortement sollicités avant ramassage.

Une plateforme IoT permet ensuite de faire remonter ces informations, de les centraliser et de les rendre exploitables dans des tableaux de bord métiers.

Comment la donnée améliore-t-elle les jours de collecte et les tournées de ramassage ?

La donnée améliore les tournées en donnant une vision plus précise des besoins réels. Les taux de remplissage, l’historique, les événements saisonniers, les jours de collecte, les zones à forte production et les signalements terrain permettent de planifier les passages au plus juste.

Concrètement, cela permet de réduire les passages à vide, de raccourcir certains itinéraires, d’équilibrer la charge entre les équipes et de traiter plus rapidement les points proches de la saturation. La collecte devient plus ciblée, plus réactive et plus mesurable.

Quel est le retour sur investissement d’une collecte des déchets pilotée par la donnée ?

Le retour sur investissement se mesure à plusieurs niveaux : réduction du nombre de tournées inutiles, baisse des kilomètres parcourus, économies de carburant, diminution de l’usure des véhicules, meilleure allocation du temps agent et baisse des coûts de maintenance.

Les résultats peuvent être visibles dès les premiers mois de déploiement lorsque le périmètre est bien choisi : points d’apport volontaire souvent saturés, zones touristiques, flux verre, bac jaune, collecte sélective ou secteurs où les distances de tournée sont importantes.

 

La collecte intelligente est-elle adaptée à toutes les tailles de territoire ?

Oui. L’approche est progressive et modulable : une collectivité peut démarrer sur un périmètre restreint, comme un quartier, un type de flux, une zone dense, un ensemble de points d’apport volontaire ou une tournée particulièrement coûteuse.

Cette méthode permet de tester les usages, d’objectiver les gains, d’ajuster les jours de collecte, d’accompagner les équipes et d’étendre progressivement le dispositif. Une collecte pilotée par la donnée peut donc concerner une grande métropole, une intercommunalité, une ville moyenne ou un territoire rural, dès lors que le besoin opérationnel est clairement identifié..

Vous souhaitez mieux piloter la collecte des déchets sur votre territoire ?

Eridanis accompagne les collectivités dans la centralisation, la visualisation et l’exploitation de leurs données territoriales. Échangeons sur vos enjeux de collecte, de propreté urbaine, de ramassage et d’optimisation des tournées.

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