Capteurs non adaptés, réseau défaillant, équipes de propreté rechignant à utiliser la solution… L’utilisation de l’loT pour la gestion des PAV ou des corbeilles de rue n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Les pièges à éviter avec d’Alexis Semmama, directeur général d’Eridanis.
Optimiser la collecte des corbeilles de rue et des points d’apports volontaires (PAV) grâce à l’loT est une brique historique de la ville intelligente. Depuis plus d’une décennie ce type de solutions est déployé par de nombreux territoires et la demande reste stable.
Pour autant, le succès n’est pas automatiquement au rendez-vous. Rappelons le principe : un capteur est intégré au PAV ou à la corbeille, en général une sonde qui mesure le taux de remplissage et le communique à distance via un réseau sans fil. Grâce à ces informations, les équipes de propreté ne collectent que les PAV et corbeilles suffisamment remplis (entre 50 à 80% selon la localisation, la saisonnalité, la météo…). Cette information permet également de limiter les risques de débordement, générateur de coûts et de désagréments.
Les retours d’expérience de ces solutions sont variés. Certains territoires réalisent des économies et améliorent le service rendu aux habitants. D’autres se heurtent à plusieurs écueils possibles. Voici cinq pièges à éviter pour réussir un projet de corbeilles ou PAV connectés. Christophe Guillemin
Le choix d’une solution technique mal adaptée au territoire
Prendre une solution générique, ne tenant pas compte des spécificités de l’environnement où elle va être déployée peut être source de déconvenues. Par exemple, des capteurs optiques de certaines corbeilles «vigipirate» (intégrant un sac plastique souple) ont été mis en confusion à cause du vent collant le plastique contre le capteur. Autre exemple : des capteurs installés dans des PAV verre ont été encrassés par les projections de liquides des bouteilles et autres contenants jetés. Cela peut être évité en vérifiant avec le fabricant qu’il a testé sa solution dans les mêmes conditions ou en échangeant avec des collectivités qui ont déployé un projet similaire.
Une période de test trop courte
Tester la solution une ou deux semaines risque de ne pas couvrir tous les cas de figure. Certains PAV ont ainsi rencontré des problèmes car des grands cartons de livraison, placés en position verticale, faisaient croire au capteur optique que le seul de remplissage (basé sur la hauteur des déchets) était atteint. Les capteurs doivent donc être testés sur plusieurs semaines, voire sur plusieurs mois, pour tenir compte des habitudes d’utilisation des habitants mais aussi de l’impact de la saisonnalité (surtout dans les zones touristiques).
Le choix de capteurs peu robustes et à l’autonomie limitée
Choisir un capteur uniquement sur le critère du prix peut réserver de mauvaises surprises. Des capteurs peu robustes peuvent par exemple s’encrasser et ne plus fonctionner, ce qui augmente les coûts de maintenance. Il convient donc de bien tester leur résistance. La durée de vie de la batterie est également à prendre en compte. Trois années d’autonomie est aujourd’hui un minimum.
S’appuyer sur un réseau qui ne couvre pas bien les sites à équiper
Choisir la technologie de télécommunication sans étude préalable peut poser problème. Plusieurs options de connectivité existent en effet, dont LoRa ou les réseaux cellulaires. Mais il peut y avoir des risques d’interférence avec d’autres réseaux, principalement en zone urbaine dense.
Certains PAV ou corbeilles peuvent aussi ne pas être couvertes (ou pas suffisamment) par le réseau radio. Il convient donc de vérifier, en amont, que la couverture du réseau correspond bien aux sites à équiper.
Négliger la dimension humaine du projet
Lancer le projet sans consulter les équipes terrain peut-être source de tensions, voire de blocages. Les équipes de propreté peuvent ne pas « jouer le jeu » en n’utilisant pas (ou pas assez) la solution, perçue comme une technologie qui ne valorise pas leur savoir-faire et leur connaissance terrain. Pour éviter cet écueil, il convient donc de les impliquer dès le départ dans le projet et ainsi de capitaliser sur leur expérience.
